ARNOLD CLASSIC PARTIE 1.

Mieux vaut tard que jamais!

Alors pour vous faire patienter, j’ai décidé de mettre mon récit en ligne journée par journée. Mai non, je ne suis pas cruelle…

Quelques rappels afin que vous compreniez mieux le pourquoi du comment, pour ceux qui n’auraient pas suivi ma prépa dans les détails.

Cette prépa, fut de loin la plus difficile ! Plusieurs raisons à cela. Tout d’abord un poids qui était remonté plus que de raison suite au championnat de France IFBB que je gagne en bodyfitness -163 cm, suivi d’Europe à Zagreb où je me classe bonne dernière. Psychologiquement, un très dur moment à passer, après une année non moins difficile. Bref, s’en est suivi une espèce de spirale infernale de laquelle j’ai eu du mal à sortir, si ce n’est en me reprogrammant sur un nouvel objectif sportif. En bodyfitness, puisque ne m’étant toujours pas faite opérer de mon ménisque, le judo, pas possible. Eh oui, malheureusement, je suis une compétitrice dans l’ame et pour moi, seul le résultat sportif peut me motiver.

Emilio et moi décidons donc de fixer comme objectif l’Arnold Classic, puisque j’ai envie de faire de l’international après les deux rateaux que j’ai pris aux deux derniers championnats d’Europe. Quelques hics tout de meme :

1-      je pars déjà avec un mois de retard par rapport à mes prépas précédentes. Il me faut en effet 9 mois pour me préparer correctement sans etre obligée de me mettre à la mort pendant 4 mois. Choix personnel.

2-      je pars de plus haut que d’habitude en poids, suite à la débacle citée plus haut.

3-      Je devrai en théorie descendre plus bas que d’habitude en poids afin d’etre plus sèche sur le bas, mon éternel problème. Soit, etre à 55- 56 kg au lieu de 57.

4-      Je vais devoir me préparer pendant la période estivale et là….. Aie aie aie ! Entre mes stages d’été pour le boulot, le judo, les vacances en famille avec les amis et tout ce qui fait que les vacances, c’est chouette, eh bien je ne suis pas sure du tout d’etre capable de garder le cap.

5-      Septembre et octobre sont traditionnellement pour moi deux mois hypers chargés et difficiles en terme de travail et là je serai en plus en fin de prépa…

Bref, tout ça pour vous dire que ce n’était pas gagné du tout… Mais ça y, nous y voilà, nous sommes le 9 octobre, je suis à 57.5/58 kg et je vois bien que mon physique n’est pas au top mais tant pis, let’s go ! The show must go on !!!

JEUDI 10 OCTOBRE

Cette année je décide de passer ma première couche de tan dès le matin, je me coiffe, je me maquille. Pas question d’arriver au moment des inscriptions blanche comme un cachet d’aspirine, l’œil fatigué et le cheveu très aléatoirement coiffé. Avec ma petite expérience, j’ai remarqué que pas mal de choses se jouent au moment des inscriptions. En passant le tan dès le matin, je sais que je prends un risque parce que sur moi, le JAN TANA vire au vert. J’ai encore en tete le désagréable souvenir de mon premier championnat d’Europe, à Alcalà de Hénares, où j’ai fais plus de concurrence à l’incroyable Hulk qu’à mes concurrentes, tellement j’avais verdi…. L’horreur ! Bref…

Congés posés au boulot, nous voici donc en route pour l'aéroport de Lyon Saint Exupéry, Emilio SANCHEZ, mon coach, mon Jérome et moi meme. Un froid de canard, un vent à décorner les boeufs, mais ce n'est pas grave, en route pour Madrid, après tous ces mois d'efforts! Juste devant nous, à l'embarquement nous retrouvons Karim et Muriel BOUMAZZA, puis toute l'équipe d'Eric FAVRE, accompagnée de la belle My COUSTELS qui concourt elle aussi en catégorie bikini. Politesses d'usage, mais chacun reste dans ses tranchées.

Notre vol se passe bien, nous atterrissons sans encombre et je décide d'aller tout de suite au Pabélon de cristal afin de m'inscrire et d'etre tranquille ensuite, pour pouvoir me reposer un peu une fois à l'appartement. Choc thermique en descendant de l’avion, mais quel bonheur de retrouver la chaleur de fin d’été ! Les panneaux d'affichage annoncent un peu partout l'évènement avec le grand Arnold en guest star. Chouette, nous y voilà enfin!!! Il doit etre 15h environ lorsque nous arrivons au hall des expositions. Immense biensur. Et là, c'est le drame..... Je vous laisse juger donc par vous-même, photos à l’appui...

Une meute de bodybuilders sagement rangés, résignés,façon camion de bétail en partance pour l'abbatoir… Quelques 4 bonnes heures plus tard, 12 chapitres plus loin dans mon Maxime CHATTAM et environ 10 bons mètres de plus parcourus dans la file (la gloire!), on n'était pas loin du pugilat et de l'incident diplomatique. Pour ma part, j'avais juste envie de dégommer le ou la 1ère qui oserait glisser un coude devant le mien. L'organisation, qui pourtant savait combien d'athlètes étaient inscrits, n'a pas du juger bon d'augmenter le nombre d'officiels traitant l’administratif. Dépassés, surbookés…                       

 

 

Enfin arrivée devant le Saint Graal (le bureau du fameux officiel), je m'aperçois que mon nom n’apparait pas sur la liste des athlètes inscrits en catégorie women’s physique. Qu’à cela ne tienne, je ne vais pas craquer devant le bol de sangria, on le fait à l’ancienne, rapide rajout au stylo. Suite à quoi, je suis presque « euphorique » lorsque je dois ouvrir mon porte monnaie pour lacher les 150 euros d'inscriptions, agrémentés de la modique somme de 30 euros pour la licence internationale IFBB. Ah oui, parceque les 50 euros déjà lachés pour la licence IFBB France ne comptent pas au niveau inter. Ceci dit, il est joli, le timbre.... Tout pailleté, tout brillant, un peu comme nous sur scène. Bon, 2 cm sur 1, ça fait un peu cher le bout de papier à paillettes, mais puisqu'il faut en passer par là, n'ayons pas d'états d'ame. Me voici donc en possession de ma licence IFBB internationale option glitter pour l'Arnold Classic collée sur mon passeport.

 

Allégée de 180 euros donc, je me dirige vers la toise, puisque c'est la règle. Chez les dames, pas de catégories de poids, mais des catégories de tailles. Et alors que je me déchausse pour passer sous la toise avec un intense plaisir de soulagement, l'officiel de service me dit d'un air détaché: "c'est bon, pas la peine de passer sous la toise, il est écrit sur votre passeport que vous étiez en - 163 cm au championnat d'Europe à Zagreb...". Etant encore passablement tendue suite à l'éprouvante épreuve de la queue où j'ai eu tout le loisir de mettre en pratique le fameux "controle de soi" très cher à nous autres, judoka, eh bien là... J’ai senti monter en moi une irrésistible envie de remettre en pratique mes notions de ju jitsu... Ura uchi, higi, tsuki age dans la gueule, enchainé mawashi geri keikomi , uchi mata en cercle (mon spécial !) pour enfin l'achever en ne- waza avec un étranglement à mains nues jusqu'à ce que mort s'en suive!!! Il est suicidaire lui ou quoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ??? Je viens de me taper neuf mois de régime dont le dernier où j’étais prete à me pendre alors je veux qu'il me toise!!! Parceque les crises d'acétose, les nausées, l’énergie du légume, les 100 grammes de mache accompagnés de 150g de protéines à chaque repas (seulement), mes 4 blancs d’œufs matin et après midi, c’est pas lui qui les a vécu hein ! Alors il peut bien me toiser, l'officiel de mes deux naaaaaaannn????? Ben non, visiblement pas... C'est un grand malade, ce type, j’en suis sure ! Ou alors il aime vivre dangereusement.

Quant au fait de m’être préparée pour etre présentable pour les inscriptions, cela n’est plus qu’un lointain souvenir , car de toutes façons, en plus du reste, l’organisation n’était pas du tout la meme que lors des précédents championnats d’Europe où l’on passe en maillot à la toise et où tout est minutieusement inspecté à la loupe. Là je suis restée en survet- t-shirt- tongs…

Allez, première épreuve terminée, je retrouve ma zénitude, direction l'appartement loué dans le centre de Madrid pour y retrouver les athlètes de la team Sanchez, mes très chères copines Vanessa ASTOUL et Cécilia BARBUT ainsi que l'homme de l'équipe, le bel Henrique DE CARVALHO. Nous nous sommes cotisés pour payer le voyage à Emilio, notre vénéré coach. Ajoutons à l'équipe nos chéris à Vanessa et à moi, Sébastien et Jérome et nous voilà au complet dans un chouette petit appart.

A présent, place au repos bien mérité et préparation de la compet, car le lendemain matin c’est moi qui ouvre le bal dès le milieu de la matinée, tandis que Vanessa et Cécilia passent dans l’après midi. Henrique passera quant à lui le samedi matin. Emilio me dit que ça va, mais je sais bien que ce ne doit pas etre aussi bien que ça, puisque mon poids n’est jamais descendu en dessous des 58 kg, ou à peine, alors que j’aurai du être à 56 au moins… Mais tant pis, j’aurai tout donné pour cette prépa, donc je vais continuer sur scène et me faire plaisir.

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