JUDO

Mon quotidien au JUDO.

CHAMPIONNAT D'EUROPE VETERANS 2011. LEIBNITZ. AUTRICHE.

Ca y est, j'arrive enfin à trouver un petit moment pour vous narrer mon championnat d'Europe! Et en ce moment, ce n'est pas une mince affaire de trouver du temps pour les "à cotés".

Cette année j'avais donc deux objectifs: gagner les championnats d'Europe vétérans en judo et les championnats de France séniors IFBB bodyftitness (et non masters!).

Etant en catégorie F2 (35-40 ans), - 63 kg, c'était donc ma dernière participation dans cette catégorie d'age. J'avais auparavant déjà été titrée dans cette meme catégorie en 2007 (ALLEMAGNE), 2008 (REPUBLIQUE TCHEQUE) et avais fais 2ème en 2009 (ITALIE). L'an passé je n'avais pas pu participer, à mon grand regret! C'est donc avec une grosse motivation que je me suis fixé ce nouvel objectif. Que j'ai atteint donc, puisque je suis très heureuse d'avoir remporté une fois de plus la médaille d'or. Championne d'Europe vétérans.

L'édition avait lieu cette année à LEIBNITZ, petite ville Autrichienne, du 10 au 14 novembre 2011. Je combattais pour ma part le 11/11/11. Tous ces "1" ne pouvaient signifier qu'une chose, gagner! Mais je me suis aperçue de celà après coups, car lorsqu'on est en compet plusieurs jours comme ceci, on est un peu comme dans une bulle. Plus vraiment de jour, ni d'heure.......

MERCREDI 09/11: arrivée à GRAZ, direction LEIBNITZ, où je suis logée dans un GASTHAUS (maison d'hotes), perché sur la colline, au milieu des vignes, à 3.5 km du gymnase. Pas simple pour se déplacer, mais on s'est débrouillé, comme d'habitude. Ma chambre est super sympa et pour rigoler, je dis à mes potes que je suis logée dans la maison d'Heidi (petite fille des montagnes, vous vous souvenez?). Accrédiatation ok, ça c'est fait. J'en profite pour me reposer. Comme je suis crevée de ma vie de dingue habituelle, je m'endors deux heures. A la mauvaise heure! Allez trouver un truc ouvert dans un village passé 22h quand vous n'avez pas de voiture! Résultat, j'ai mangé dans un MC DO (si Emilio savait ça, il me tuerait!). Cerise sur le gateau, un régiment d'Autrichiens en costume traditionnel mangeait là aussi et ce fut bien sympa.

JEUDI 10/11: grasse matinée pour récupérer un peu et méga petit dej dans ma petite maison sur la colline, avec en vue la pesée du soir à 18h. Je suis à 62.8 le matin meme, je peux manger, sachant que ce sera mon seul et unique repas de la journée. Sans boisson évidemment....Mais on a l'habitude de ce genre de choses au judo. C'est quoi une journée sans boire et sans manger????? Rien de rien!!!!! Je file ensuite au gymnase, encourager les copains et copines qui combattent, les plus agés, dont ma copine Françoise DUFRESNE qui gagne! Les médailles sont sympas, je veux la meme, dorée, biensur! A 18h c'est la pesée: 62 kg 950. C'est ric rac, comme d'habitude, mais je sais gérer ce genre de trucs. C'est réglé comme du papier à musique depuis le temps! Le moment de voir qui est là dans la catégorie, en plus des 3 françaises que nous étions déjà (Karine PAILLARD et Patricia BASTIENT). Un russe donc, BOULOMOTOVA, championne sortante en titre et URSIN une norvégienne. Chouette, une poule de cinq, ça va faire 4 combats, cooooooooool! Sauf que j'ai vite déchanté quand j'ai vu le système de compet que l'UEJ appliquait pour les poules de 5: une poule de 3 d'où sort le futur finaliste et une demi finale où se trouvent directement deux autres combattants. Arghhhhhhhh, j'avais tellement les boules que je n'ai pas voulu voir le tirage la veille de la compet, de peur de me trouver dans la fameuse demi finale, ce qui signifiait pour moi 2 combats au mieux! Et vu le prix que ça nous coute un championnat comme ça (merci à mon club soit dit en passant qui assure les 3/4 des frais), on est en droit de vouloir combattre un maximum! Et pas de gagner un titre au rabais! Du coups, je suis allée me coucher sans regarder le tirage, en croisant les doigts pour etre dans la fameuse poule de trois et faire plus de combats.

VENDREDI 11/11: comme toujours, la nuit fut bonne. Je dors comme un bébé, championnat ou pas. J'arrive au petit dej où je découvre le tirage au sort. Yessssssssssssssssssssssssssssssssssss! Je suis dans la poule de trois et en plus je prends la russe et la norvégienne en poule!!!!! Voilà qui me plait bien! Mes deux copines françaises se prennent en 1/2 de l'autre coté (pas cool pour elles le tirage, contrairement à moi). La compet est commencée Avec en ligne de mire la russe au premier tour. Jamais simple de prendre un russe au judo, on sait que ça va etre la guerre! Je ne vous parle meme pas du nombre de médailles qu'ils ramènent, vu le niveau qu'ils affichent!

Echauffement ok. Kimono bleu, chambre d'appel, vérifications kimonos par officiels et en avant sur le tapis n°4!

1er combat, en poule: rugueuse cette russe. Elle se tient en décalé, comme moi et droitière. Ca n'arrange pas mes petites affaires, car en plus d'etre grande, elle ne me suis pas sur mes réactions en déplacement. Je profite tout de meme d'une de ses attaques pour la contrer en ko soto gake et suivre au sol. Déshabillage, controle du haut et dégagement de jambe. Cas d'école. Tate shiho gatame en guise de "mise à mort" pour IPPON. Bon, ça, c'est fait!!! J'ai l'impression d'avoir les avant bras qui ont triplé de volume, tant elle était physique! Mais l'avantage, c'est qu'au moins, je suis dedans pour la suite.

2ème combat, en poule: contre la norvégienne, URSIN, qui a elle aussi battu la russe et qui m'avait fait belle impression. Saisie à droite mais attaques à la volée à gauche en maki komi et te waza. Dès sa 1ère attaque, que je controle, j'engage sankaku jime. Je pars coté opposé, pour verrouiller et reviens du coté normal. Presque trop simple, tant elle a réagi comme je le souhaitais. Elle tape et j'obtiens la victoire synonyme de finale en 24 secondes. Comme me l'a dit un pote en sortant dutapis: "je n'aurai pas aimé etre coincé entre tes cuisses!".

FINALE, contre Karine PAILLARD, qui montait des - 57 kg et ex internationale elle aussi. Karine ayant auparavant éliminé Patrica BASTIENT sur immobilisation au golden score. Grande et longiligne, il a fallu batailler là aussi sur le bras qui montait sans arret. Je trouve une première ouverture sur ipone ko pour yuko. Puis enfin l'ouverture que je voulais pour uchi mata. Quel vol!!! J'ai du vraiment l'amener très fort parcequ'elle est passée derrière moi et qu'ensuite je n'ai plus rien senti, si ce n'est la sentir retomber sur les haut du dos. Je sais qu'il ne peut pas y avoir ippon, malgré la clameur qui a retenti dans le public, tellement l'envolée était spectaculaire! L'arbitre central annonce yuko, ramené à waza ari par les juges. Normal. Après visionnage vidéo, il n'y a que le haut des épaules et la nuque qui touchent. Encore uen trentaine de secondes à gérer, sans prendre de risque et c'est dans la poche! Nouvelle victoire donc et seule Marseillaise de la journée! Très fière d'etre à nouveau sur la plus haute marche du podium (des tonneaux, pour l'occasion!) et de représenter la France après une belle compet. Je ne me lasse pas de gagner, j'aime ça, j'aime les défis, la compétition, j'ai ça dans le sang.

Et  joie supplémentaire, j'apprends en rallumant mon portable après la compet que beaucoup de mes élèves ont pu suivre mes combats en direct, car l'UEJ retransmettait les combats sur leur site. Quel bonheur! Meme mon frère et mon neveu ont pu assister à la finale en direct! Trop top!!!! Merci à Xavier, mon chéri, qui est allé dégoter tout ça pour le plaisir de tous.

Le soir, petit repas convivial avec un russe (2ème) et un autrichien, "perdus" comme moi sur la colline, loin de tout. Le tout en anglais. J'adore les voyages à l'étranger pour ça. La convivialité, les échanges avec les autres judokas étrangers......Tip top!

SAMEDI 12/11: retour FRANCE, avec escale de quelques heures à Francfort, chez mon frangin. Mes deux adorables neveux n'étant pas peu fiers de leur tatie Coco.

Depuis mon retour en France je n'ai pas eu le temps de chomer, puisque la vraie vie a repris ses droits, me laissant comme souvent avec un grand vide, un sentiment de tristesse après toute cette euphorie.

J'ai depuis repris le chemin de la salle de muscul, puisqu'après tous les excès culianires de mon championnat, il me faut maintenant me concentrer sur l'objectif number two, FRANCE IFBB en bodyfitness. Et là, il y a du boulot!!!! Et des kilos à perdre!

 

 

 

Je me présente en tant que judoka...

Hello!

Bon, il semblerait que jusque là je ne me sois pas trop mal débrouillée en matière de blog, mais j'ai seulement gagné une bataille, pas la guerre! Et je n'ai pas encore exploré tout ce que je peux faire (ou pas!).

Alors avant de vous parler de mon quotidien de judoka, une petite présentation s'impose.

    J'ai débuté le judo un peu par hasard, au JUDO CLUB FONTAINOIS (38, agglomération Grenobloise) alors que j'avais une dizaine d'années. J'ai tout de suite aimé l'activité. Les copains et les copines, l'ambiance formidable qu'il y avait à cette époque, l'odeur des kimonos (ils étaient en coton, écrus), le dojo du Parc Karl Marx et mes professeurs, Salvador LA RIZZA (le père) et Marcel LA RIZZA (le fils). C'est donc là que mon frère Roland et moi avons fait nos premières armes.

    Je garde de très bons souvenirs de ma jeunesse sur les tatamis du dojo Fontainois, meme si les entrainements de Marcel LA RIZZA étaient plutot copieux!!! Combien de fois suis je rentrée de l'entrainement en pleurs, avec l'angoisse d'y retourner deux jours après!!! Mais j'y retournais et c'est aussi comme ça que j'ai appris à résister à la fatigue et à la douleur. C'était dur, mais c'est là que j'ai appris à devenir une combattante dans l'ame, moi qui par nature n'étais pas assez agressive (au sens sportif du terme s'entend). C'est aussi là que j'ai fais la connaissance ma meilleure amie, Natacha, toujours fidèle au poste, bien qu'elle m'ait à l'époque lachement laissée tomber pour faire ping pong !!!

    Mon adolescence au club fut ponctuée de beaucoup de voyages à l'étranger, un vrai bonheur pour moi qui aime voyager. Toutefois, l'occasion ne nous fut pas toujours donnée de visiter les pays dans lesquels nous allions combattre. Encore aujourd'hui, c'est bien souvent que l'on ne voit du pays en question que l'aéroport, le gymnase et l'hotel! La HONGRIE, à Budapest, où nous sommes allés deux fois en car (24h de bus façon "bosniaques", ça laisse des traces!). La SUISSE, où nous avons dormi une fois dans des bunkers dont les portes faisaient 2 mètres d'épaisseur (chlostrophobes s'abstenir!). L'ITALIE, biensur, où nous avons toujours été chaleureusement acceuillis...

    Bref, toutes ces années furent ponctuées de médailles glanées à  grands coups d'UCHI MATA en cercle (ma marque de fabrique) mais jamais de titres importants. Il faut vous dire que je suis quelqu'un qu'on pourrait qualifier de "laborieuse". N'ayant pas avec moi le coté "facilité", il a toujours fallu que je bosse encore et toujours comme une forcenée pour arriver à voir poindre un petit résultat... C'est ainsi que de tout ça est née ma qualité principale, je pense, à savoir la persévérance.

    Brevet d'Etat et licence STAPS en poche obtenus en 1994, je me retrouve propulsée du jour au lendemain en 1997, professeur en titre dans mon club, devenu ALPES JUDO FONTAINE,n'ayant plus par conséquent d'entraineur moi meme. Tout ne fut pas rose, loin de là! S'imposer en tant que jeune fille de 25 ans dans un monde d'hommes plutot machiste à l'époque tint du parcours du combattant! Il a toujours fallu que j'en fasse deux fois plus pour prouver que j'étais à la hauteur. C'est d'ailleurs certainement de là que s'est forgé mon mental de vainqueur, parceque croyez moi, il a fallu se battre pour tout!!!!

    J'ai donc pris la difficile décision en l'an 2000, de me licencier dans un autre club, afin d'avoir un entraineur digne de ce nom, qui me permette enfin de réaliser mes reves de podium national. Jusqu'alors, je ne collectionnais que les places d'honneur. C'est ainsi que Patrice Veille, à l'ESSM (SAINT MARTIN D'HERES,38), m'a appris pendant les 6 années que j'y ai passé, à travailler en qualité et non plus en quantité comme j'avais coutume de le faire pour me rassurer. J'ai aussi commencé à faire de la musculation. Qu'est ce que j'ai pu détester les séances du lundi matin, dans la salle d'haltérophilie du gymnase Benoit Frachon!!!  Ah c'est sur, on savait pourquoi on allait là bas! Une salle digne de Rostock, en ex Allemagne de l' est!!!  On n'y allait pas pour acheter du terrain!!! Autant vous dire que dès que j'ai pu arreter la muscu, je m'étais jurée de ne plus pousser une barre de ma vie!

    Bref tout ça pour vous dire que c'est à partir de là que les résultats ont  enfin été au rendez vous! Une 3ème place au championnat de France 1ère divison en - 63 kg, ma catégorie de toujours (-61 à l'époque), m'a ouvert les portes de l'International, moi qui avais pour objectif de faire le podium en 2ème division!!! Je me revois encore devant mon miroir, dans mes kimonos bleus et blancs "FRANCE", avant ma première sélection internationale pour l'AUTRICHE, à me demander si c'était vraiment moi qui étais dedans, tellement c'était incroyable! J'ai eu la chance d'etre sélectionnée deux fois en équipe de France, mais malheureusement, à 27 ans, on n'est plus une priorité pour les sélectionneurs français... En revanche, j'ai continué de m'entrainer autant que je le pouvais, par pur plaisir de gagner des combats en compet. J'aime gagner, je ne peux pas m'en passer! L'adrénaline avant le combat, la rage de vaincre, le geste technique placé au bon moment, le bonheur de la victoire, c'est un peu comme une drogue pour moi. Depuis, ma réputation n'est plus à faire, en toute humilté...

    Ceinture noire 4ème dan, arbitre nationale, trois fois championne du Monde vétérans, deux fois championne d'Europe vétérans, moult fois championne de France FSGT.... Bref, la liste est longue mais j'espère bien qu'elle ne s'arretera pas là!!! J'aurai du participer il y a 3 jours au championnat du Monde et remettre en jeu mon titre pour la 3ème fois consécutive mais je n'ai malheureusement pas pu y aller. J'aime autant vous dire qu'avec ma "contre perf" des Europe en début de saison (2ème), j'ai la rage!!!

    Bon je crois avoir fais le tour de cette looooooooooooooooongue présentation, mais il a quand meme fallu que je résume là plus de 25 ans de judo!

    A présent, vous connaissez le pourquoi du comment et vous me connaissez mieux également en tant que judoka...

Corine.

 

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